> INFO
Les Français s'en souviennent : en 2007, les sondages illégaux en France étaient disponibles sur les sites des journaux belges et suisses, entre autres. En 2008 en Espagne, c'est El Periódico de Catalunya qui joue avec la législation encadrant les élections. Usant et abusant de son édition en Andorre, El Periódico publie sur son site andorran les résultats de sondages interdits en Espagne, et l'indique sur son site et dans ses pages espagnols.
Ce blog est hébergé par un fournisseur étasunien et est destiné à un public francophone. Je n'ai donc aucune raison de cacher l'adresse cette enquête. Quant aux Espagnols, ils sont déjà au courant de son existence. Je ne commettrai pas non plus l'hypocrisie de délivrer le lien au détour d'un long article autour des réactions sur la décision de El Periódico.
Le sondage interdit de publication en Espagne est là [es], la dernière vague sera livrée ce samedi à 23h30. Vous le savez, faites en ce que vous voulez.
Affichage des articles dont le libellé est Rajoy. Afficher tous les articles
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samedi 8 mars 2008
Le dernier sondage illégal
Libellés :
2008 PSOE,
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prédictions,
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sondages,
Zapatero
mardi 4 mars 2008
2º débat : Zapatero gagne contre Rajoy par 20 points d'écart
> INFO
Vingt points d'avance pour le candidat socialiste, en tout cas selon les deux chaînes de télévision (Cuatro et La Sexta, toutes deux appartenant à des groupes médiatiques réputés "de gauche") qui pour l'instant ont diffusé leurs sondages.
Sur Cuatro, le président du Gouvernement, le socialiste (PSOE) José Luis Rodríguez Zapatero, gagnait par 50,8% contre 29% pour le leader de la droite espagnole (PP), Mariano Rajoy. Zapatero est considéré vainqueur par chaque tranche d'âge, et pour chacun des sujets débattus.
Sur La Sexta, selon rapporte l'agence Europa Press [es], des résultats quasi identiques ont été annoncés : 49,2% pour "Z", comme l'appellent les génies du marketing, 29,8% pour Rajoy. 21% considère qu'il y eut match nul (je déduis que les "ne se prononce pas" ont été exclus du total). Là aussi, victoire du président sur tous les fronts.
À noter aussi le sondage sans appel diffusé par Cuatro à 23h59, une minute avant l'illégalité de sa publication : 85% des sondés pensent que Zapatero remportera les élections générales de ce dimanche 9 mars, contre 14% pour Rajoy.
Un déséquilibre étonnant pour cette enquête de probabilités, et très éloignés des sondages d'intentions de vote, qui en général accordent au PSOE un avantage que la marge d'erreur rend aléatoire (moins de 4 points d'avance).
Mais 85%, c'est exactement le pourcentage que les parieurs en ligne accordaient à Zapatero il y a quelques jours, toujours selon Europa Press [es]... Et ce n'est pas très loin non plus des 77% qu'affiche actuellement l'enquête hautement scientifique de la colonne de gauche de ce blog.
Quant au débat lui même, on retiendra qu'il a au moins permis aux candidats de formuler quelques propositions, de parler un minimum de leurs programmes.
Croissance économique ("l'économie, c'est tout"), éducation ("le professeur va a l'école pour y enseigner, l'élève pour y apprendre"), fermeté sur l'immigration (expulsions des sans papiers et des étrangers délinquants), entre autres sujets, pour Rajoy.
Politiques sociales (augmentations du SMIC à 800 euros, des retraites...), créations d'emplois (2 millions, dont 1.200.000 féminins), surveillance des prix (par un institut d'inspiration française), ou encore européisme et pacifisme (appui de la légalité internationale et participation aux missions de paix de l'ONU), par exemple, du côté de Zapatero.
Et puis le même final étrange que lors du premier débat : Zapatero regarde le téléspectateur dans les yeux, et de temps en temps ses papiers. Il s'attarde sur son bilan et dit qu'il reste tant de progrès à accomplir... Il termine son intervention par un "buenas noches y buena suerte". Nouveauté : José Luis comprend sa plaisanterie et sourit entre "bonne nuit" et "bonne chance".
Rajoy lit le prompteur et confie qu'il pense à "une petite fille" qui doit vivre heureuse dans une jolie maison grâce à ses parents qui ont tous les deux un emploi (en gros). Nouveauté : cette fois ci, "cette petite fille est dans la tête et dans le coeur" de Mariano.
La journaliste conclut sur une vacherie pour Rajoy, qui refusa de participer au débat en 2004 (de même qu'Aznar en 1996 et en 2000) : "espérons que nous n'attendions pas 15 ans jusqu'au prochain débat".
Vingt points d'avance pour le candidat socialiste, en tout cas selon les deux chaînes de télévision (Cuatro et La Sexta, toutes deux appartenant à des groupes médiatiques réputés "de gauche") qui pour l'instant ont diffusé leurs sondages.
Sur Cuatro, le président du Gouvernement, le socialiste (PSOE) José Luis Rodríguez Zapatero, gagnait par 50,8% contre 29% pour le leader de la droite espagnole (PP), Mariano Rajoy. Zapatero est considéré vainqueur par chaque tranche d'âge, et pour chacun des sujets débattus.
Sur La Sexta, selon rapporte l'agence Europa Press [es], des résultats quasi identiques ont été annoncés : 49,2% pour "Z", comme l'appellent les génies du marketing, 29,8% pour Rajoy. 21% considère qu'il y eut match nul (je déduis que les "ne se prononce pas" ont été exclus du total). Là aussi, victoire du président sur tous les fronts.
À noter aussi le sondage sans appel diffusé par Cuatro à 23h59, une minute avant l'illégalité de sa publication : 85% des sondés pensent que Zapatero remportera les élections générales de ce dimanche 9 mars, contre 14% pour Rajoy.
Un déséquilibre étonnant pour cette enquête de probabilités, et très éloignés des sondages d'intentions de vote, qui en général accordent au PSOE un avantage que la marge d'erreur rend aléatoire (moins de 4 points d'avance).
Mais 85%, c'est exactement le pourcentage que les parieurs en ligne accordaient à Zapatero il y a quelques jours, toujours selon Europa Press [es]... Et ce n'est pas très loin non plus des 77% qu'affiche actuellement l'enquête hautement scientifique de la colonne de gauche de ce blog.
Quant au débat lui même, on retiendra qu'il a au moins permis aux candidats de formuler quelques propositions, de parler un minimum de leurs programmes.
Croissance économique ("l'économie, c'est tout"), éducation ("le professeur va a l'école pour y enseigner, l'élève pour y apprendre"), fermeté sur l'immigration (expulsions des sans papiers et des étrangers délinquants), entre autres sujets, pour Rajoy.
Politiques sociales (augmentations du SMIC à 800 euros, des retraites...), créations d'emplois (2 millions, dont 1.200.000 féminins), surveillance des prix (par un institut d'inspiration française), ou encore européisme et pacifisme (appui de la légalité internationale et participation aux missions de paix de l'ONU), par exemple, du côté de Zapatero.
Et puis le même final étrange que lors du premier débat : Zapatero regarde le téléspectateur dans les yeux, et de temps en temps ses papiers. Il s'attarde sur son bilan et dit qu'il reste tant de progrès à accomplir... Il termine son intervention par un "buenas noches y buena suerte". Nouveauté : José Luis comprend sa plaisanterie et sourit entre "bonne nuit" et "bonne chance".
Rajoy lit le prompteur et confie qu'il pense à "une petite fille" qui doit vivre heureuse dans une jolie maison grâce à ses parents qui ont tous les deux un emploi (en gros). Nouveauté : cette fois ci, "cette petite fille est dans la tête et dans le coeur" de Mariano.
La journaliste conclut sur une vacherie pour Rajoy, qui refusa de participer au débat en 2004 (de même qu'Aznar en 1996 et en 2000) : "espérons que nous n'attendions pas 15 ans jusqu'au prochain débat".
lundi 3 mars 2008
Ouverture de la chasse au con
> POINT DE VUE
La chasse au con a ouvert officiellement vendredi 22 Février en Espagne. Quoique cette année il semble qu'elle ait été avancée de quelques jours à moins que cela eut été de flagrants cas de braconnages ou simplement des exercices de précampagne qui visaientt à rassembler les cons autour d'un point convenu pour mieux les ramasser ensuite dès l'ouverture officielle de la campagne de chasse au con, aussi appelée "Campagne... électorale".
Au contraire des autres types de chasse où la discrétion est de mise, dans la chasse au con, plus on fait de bruit voire même de tapage, plus on a de chances de faire mouche. Les appâts sont énormes de telle façon que seul un vrai con - et non pas un pauv'con :-) - puisse s'y laisser prendre: cela va de la réduction d'impôts au chèque bébé (2.500 € pour chaque naissance ou adoption) en passant par les offres gratuites.
Dans le domaine du gratuit, les offres varient en fonction du terrain de chasse:
Ne vous étonnez surtout pas de la réponse... ;-)
La chasse au con a ouvert officiellement vendredi 22 Février en Espagne. Quoique cette année il semble qu'elle ait été avancée de quelques jours à moins que cela eut été de flagrants cas de braconnages ou simplement des exercices de précampagne qui visaientt à rassembler les cons autour d'un point convenu pour mieux les ramasser ensuite dès l'ouverture officielle de la campagne de chasse au con, aussi appelée "Campagne... électorale".
Au contraire des autres types de chasse où la discrétion est de mise, dans la chasse au con, plus on fait de bruit voire même de tapage, plus on a de chances de faire mouche. Les appâts sont énormes de telle façon que seul un vrai con - et non pas un pauv'con :-) - puisse s'y laisser prendre: cela va de la réduction d'impôts au chèque bébé (2.500 € pour chaque naissance ou adoption) en passant par les offres gratuites.
Dans le domaine du gratuit, les offres varient en fonction du terrain de chasse:
- Pour la chasse au con-necté, on leur offrira de l'ADSL plein de megasbytes pas cher, du Wifi gratos en rase campagne et l'abolition pure et dure du canon digital (taxe sur tous les appareils avec mémoire, integralement reversée a la SACEM espagnole = $GA€) accompagnée d'un PeuImporteParQuoiOnLeRemplacera.
- Les con-somateurs sont appatés avec de vraies offres à la con - bien sûr - style: logements moins chers + baisse des taux d'intérêt + baisse de l'inflation + hausse des salaires + baisse des impôts. Et si vous répondez qu'il suffit d'avoir
étudiélu seulement les trois premiers chapitres de ses cours d'économie de première pour se rendre compte que cela est absolument impossible, c'est évidemment que vous êtes un traître du parti contraire.
- Aux plus con-servateurs, on leur a promis des tas de mesures visant à les rassurer: par exemple, le mariage homosexuel ne s'appelera plus mariage [es]. Certains (COPE = Radio de l'église catholique) ont même aussi essayé de leur promettre que les homosexuels ne seraient plus homosexuels; no coment, même si ce serait cependant intéressant que certains essaient de ne pas con-fondre "essayer de préserver son confort" avec "demeurer fort con".
- Quant à la chasse au con-structeur, c'est une des plus simples: il suffit de promettre d'augmenter de 15 a 25% la réduction d'impôt pour l'achat de sa résidence principale et de dire haut et fort qu'on est partisan que tout le territoire soit urbanizable pour se mettre ce genre de proie facile dans la poche. Peu importe que cela ne fasse que surenchérir la bulle inmobilière: du moment que la besace est pleine....
- Les inclassables:
- C'est hallucinant tout ce que ces con-génères :-D
- On attend d'ici peu un arrivage d'appâts pour les con-stipés. En effet, Dragées Fuca a décidé de sponsoriser le PP :-P
- Il semblerait que certains électeurs se fassent piéger tout en étant conscients des techniques de chasse: "Monsieur, si je suis con-vaincu de voter pour vous, c'est tout simplement parce que vous êtes très vraiment très con....... vainquant"
- Chers lecteurs, je compte sur votre imagination pour com-pléter ce billet: j'incorporerai, au fur et à mesure qu'elles me plaisent, vos propositions et con-seils que vous pouvez me laisser dans les commentaires ;-)
Ne vous étonnez surtout pas de la réponse... ;-)
mardi 26 février 2008
"Un bonobús ? C'est quoi ?" (Rajoy à Zapatero, lors du débat)

> POINT DE VUE
C'est le nom populaire (et académique [es] !) d'un billet valable pour 10 trajets de métro, bus et tramway dans le réseau de transports en commun. À Madrid, il coûtait la semaine dernière 6,70 euros.
Ce fut aussi, selon le président socialiste du Gouvernement espagnol, José Luis Rodríguez Zapatero, une preuve suffisante pour régulariser un immigré sans papiers lorsque gouvernait le Parti Populaire (PP) de Mariano Rajoy. C'était en tout cas l'argument déployé par Zapatero lors du débat télévisé pour expliquer, en gros, que la régularisation de son Gouvernement, sous condition d'un contrat de travail, était plus rigoureuse que celle de ses prédécesseurs.
D'où, cet échange:
- Zapatero : "Ustedes hiceron las regularizaciones con un bonobús..." ("Vous, vous avez fait les régularisations avec un bonobús...").
- Rajoy : "¿Qué es eso?" ("C'est quoi ça ?")
Le bonobús connaîtra-t-il le même destin que la baguette de pain française, dont Giscard ignorait le prix ? Ou que le café espagnol, que Zapatero estima à 80 centimes d'euro [es] ? Rien n'est moins sûr, mais il a animé la soirée, où très peu de propositions électorales ont été rappelées, et pas une seule annoncée.
Le débat n'a pas été inintéressant pour autant, les deux duellistes étant très combatifs. Je n'ai vu qu'un seul sondage, celui de l'institut Opina, diffusé sur Cuatro. 45% des interrogés pensaient que Zapatero avait gagné, 33% que Rajoy avait été le meilleur (il semblerait [es] que les autres chaînes donnent aussi gagnant Zapatero, avec une avance d'entre 6 et 14 points).
Seule différence significative pour Opina : parmi les femmes, Rajoy était à quasi égalité avec le président du Gouvernement, alors que parmi les hommes, Zapatero était loin devant. Au moins pour cette soirée, je suis assez d'accord avec mon sexe :o).
Demain la presse se déchaînera, après 15 ans à ronger son frein. Elle nous donnera les éléments sérieux à retenir, le grand bout de la lorgnette. En attendant, buenas noches.
lundi 25 février 2008
Ce soir, 22h, 1er débat Zapatero - Rajoy, en direct sur Internet
> INFO
Avis à tous les intéressés par les élections espagnoles qui comprennent un peu la langue de Cervantes* : le premier des deux débats qui opposeront le président du Gouvernment, José Luis Rodríguez Zapatero (PSOE, gauche) au leader de l'opposition, Mariano Rajoy (PP, droite) aura lieu ce soir à partir de 22h07 (heure de Madrid et de Paris).
L'intégralité du débat, qui doit finir a 23h45, est visible sur internet : en vidéo, notamment sur le site de la télévision publique, en textes et en vidéo sur la plupart des médias espagnols répertoriés dans la colonne de gauche de ce blog, et, pour les plus frikis [es] de l'information et des nouvelles technologies, en textes, vidéo et twitter sur ADN.es (autopromo).
Le débat a évidemment été préparé avec minutie, les règles et le théâtre (joli graphique ici [es]) longuement négociés. L'audience devant être excellente, le tarif de la seconde de publicité sur les chaînes hertziennes a été établi a 1.250 euros. Précisons que le dernier duel remonte à 1993, quelques jours avant la victoire de José María Aznar face au sortant Felipe González.
Au menu ce soir : emploi et économie, politiques sociales, politique étrangère, entre autres. Prochains rendez-vous, jeudi 28 février pour les sept "petits" partis, et le lundi 3 mars pour un deuxième face à face Zapatero - Rajoy.
* Actualisation 20.30 : Je découvre que LCP - Public Sénat offre le débat en direct, très probablement avec traduction simultanée en français.
Avis à tous les intéressés par les élections espagnoles qui comprennent un peu la langue de Cervantes* : le premier des deux débats qui opposeront le président du Gouvernment, José Luis Rodríguez Zapatero (PSOE, gauche) au leader de l'opposition, Mariano Rajoy (PP, droite) aura lieu ce soir à partir de 22h07 (heure de Madrid et de Paris).
L'intégralité du débat, qui doit finir a 23h45, est visible sur internet : en vidéo, notamment sur le site de la télévision publique, en textes et en vidéo sur la plupart des médias espagnols répertoriés dans la colonne de gauche de ce blog, et, pour les plus frikis [es] de l'information et des nouvelles technologies, en textes, vidéo et twitter sur ADN.es (autopromo).
Le débat a évidemment été préparé avec minutie, les règles et le théâtre (joli graphique ici [es]) longuement négociés. L'audience devant être excellente, le tarif de la seconde de publicité sur les chaînes hertziennes a été établi a 1.250 euros. Précisons que le dernier duel remonte à 1993, quelques jours avant la victoire de José María Aznar face au sortant Felipe González.
Au menu ce soir : emploi et économie, politiques sociales, politique étrangère, entre autres. Prochains rendez-vous, jeudi 28 février pour les sept "petits" partis, et le lundi 3 mars pour un deuxième face à face Zapatero - Rajoy.
* Actualisation 20.30 : Je découvre que LCP - Public Sénat offre le débat en direct, très probablement avec traduction simultanée en français.
dimanche 24 février 2008
"Match nul technique" (sondages et doigt levé 2/)
> ANALYSE
Suite de notre saga sur les prévisions et le marc de café :
2/ Les sondages
Les non hispanisants apprendront au passage un mot utile lors des prochaines Coupes du Monde. "Empate técnico" est une expression toute faite des sondéologues espagnols que l'on commence à entendre énormément dans les médias.
"Match nul", entre Zapatero et Rajoy évidemment. Pas réel, parce que le PSOE et le PP ne sont pas à 50% chacun, ni à 40/40 (chiffres plus crédibles, nous ne sommes pas en bipartisme absolu). Mais "technique", puisque le PP, presque toujours deuxième dans les enquêtes d'opinion depuis 2004, est en phase ascendante, et que les marges d'erreur des sondages lui permettent même de s'imaginer vainqueur.
Je pique à ADN.es (je ne m'en veux pas, je travaille avec eux) un résumé récent [es] de trois sondages publiés après le début officiel de la campagne vendredi dernier. El Periódico de Catalunya, Público et la Cadena SER donnent tous les trois le PSOE vainqueur. Avec un avantage d'entre 1,5 et 3,5 points.
La Cadena SER (première radio nationale, du groupe Prisa, éditeur d'El País et peu suspect d'amitiés droitières), la plus avare avec les socialistes, envisage même une victoire du PP avec presque autant de force. Selon ses projections, le PSOE obtiendrait entre 155 et 164 sièges (41,5% des voix) et le PP, entre 158 et 161 (40%).
Une semaine auparavant, le CIS, équivalent de notre CNRS, publiait un de ses macrosondages (plus de 18.000 entretiens, pardonnez du peu) dont il a le secret, et donnait lui aussi 1,5 points d'avance au PSOE, et, dans le pire des cas pour Zapatero, un seul député d'avance.
Zapatero, qu'en pense-t-il en privé, au fait ?
C'était après une interview sur Cuatro, chaîne jeune, hertzienne et généraliste (Prisa aussi). Le Président du Gouvernement parlait avec Iñaki Gabilondo, présentateur vedette des matinales de la Cadena SER pendant des décennies, aujourd'hui à la tête du JT de Cuatro. A priori, tout le monde pensait que les micros étaient fermés.
- Gabilondo : "Et vos sondages à vous, qu'est-ce qu'ils disent ?"
- Zapatero : "Ça va bien, aucun problème... Ce qui se passe c'est que c'est bon pour nous qu'il y ait de la tension...".
Très bientôt, le troisième et dernier volet de la futurologie. Vous apprendrez à dire "It's the economy, stupid" en espagnol.
Suite de notre saga sur les prévisions et le marc de café :
2/ Les sondages
Les non hispanisants apprendront au passage un mot utile lors des prochaines Coupes du Monde. "Empate técnico" est une expression toute faite des sondéologues espagnols que l'on commence à entendre énormément dans les médias.
"Match nul", entre Zapatero et Rajoy évidemment. Pas réel, parce que le PSOE et le PP ne sont pas à 50% chacun, ni à 40/40 (chiffres plus crédibles, nous ne sommes pas en bipartisme absolu). Mais "technique", puisque le PP, presque toujours deuxième dans les enquêtes d'opinion depuis 2004, est en phase ascendante, et que les marges d'erreur des sondages lui permettent même de s'imaginer vainqueur.
Je pique à ADN.es (je ne m'en veux pas, je travaille avec eux) un résumé récent [es] de trois sondages publiés après le début officiel de la campagne vendredi dernier. El Periódico de Catalunya, Público et la Cadena SER donnent tous les trois le PSOE vainqueur. Avec un avantage d'entre 1,5 et 3,5 points.
La Cadena SER (première radio nationale, du groupe Prisa, éditeur d'El País et peu suspect d'amitiés droitières), la plus avare avec les socialistes, envisage même une victoire du PP avec presque autant de force. Selon ses projections, le PSOE obtiendrait entre 155 et 164 sièges (41,5% des voix) et le PP, entre 158 et 161 (40%).
Une semaine auparavant, le CIS, équivalent de notre CNRS, publiait un de ses macrosondages (plus de 18.000 entretiens, pardonnez du peu) dont il a le secret, et donnait lui aussi 1,5 points d'avance au PSOE, et, dans le pire des cas pour Zapatero, un seul député d'avance.
Zapatero, qu'en pense-t-il en privé, au fait ?
C'était après une interview sur Cuatro, chaîne jeune, hertzienne et généraliste (Prisa aussi). Le Président du Gouvernement parlait avec Iñaki Gabilondo, présentateur vedette des matinales de la Cadena SER pendant des décennies, aujourd'hui à la tête du JT de Cuatro. A priori, tout le monde pensait que les micros étaient fermés.
- Gabilondo : "Et vos sondages à vous, qu'est-ce qu'ils disent ?"
- Zapatero : "Ça va bien, aucun problème... Ce qui se passe c'est que c'est bon pour nous qu'il y ait de la tension...".
Très bientôt, le troisième et dernier volet de la futurologie. Vous apprendrez à dire "It's the economy, stupid" en espagnol.
lundi 11 février 2008
Qui va gagner ? (sondages et doigt levé 1/)
Question absurde et antidémocratique, mais que tout le monde se pose. À défaut de vous donner le vainqueur de manière certifiée et garantie avant que le peuple n'ait fait entendre sa voix souveraine, voici quelques pistes qui pourront aider à déceler le résultat avant l'heure...
Et des prophéties de boules de cristal. Aujourd'hui...
1/ L'abstention
Beaucoup d'Espagnols vous diront que chez eux plus encore qu'ailleurs, l'abstention bénéficie à la droite et au centre tandis que la participation est favorable à la gauche.
Historiquement, c'est vrai pour les valeurs extrêmes: depuis l'adoption de la Constitution en 1978, les meilleurs scores de l'UCD (168 députés sur 350, en 1979) et du PP (183, en 2000) coïncident avec les deux plus forts taux d'abstention. À l'inverse, le meilleur résultat du PSOE (202 députés sur un total de 350, en 1982), correspond à une mobilisation record.
L'histoire est néanmoins plus complexe. Rapidement:
1979 [es]: Victoire de l'UCD d'Adolfo Suárez. Abstention: 31,96%
- 1982 [es]: Victoire du PSOE de Felipe González, majorité absolue (et record). Abstention: 20,03%
- 1986 [es]: Victoire du PSOE, majorité absolue. Abstention: 29, 51%
- 1989 [es]: Victoire du PSOE, majorité absolue de fait. Abstention: 30,26%
- 1993 [es]: Victoire du PSOE, majorité relative. Abstention: 23,56%
- 1996 [es]: Victoire du PP de José María Aznar, majorité relative. Abstention: 22,62%
- 2000 [es]: Victoire du PP, majorité absolue. Abstention: 31, 29%
- 2004 [es]: Victoire du PSOE de José Luis Rodríguez Zapatero, majorité relative. Abstention: 24, 34%
Le détail montre donc que la gauche et la droite ont pu perdre et gagner tant avec un taux d'abstention bas (disons, inférieur à 25%) que haut (proche de 30%).
Mais remarquons plutôt une permanence : l'abstention importante a plutôt tendance à renforcer la majorité en place (victoires du PSOE en 1986 et 1989, du PP en 2000). Au contraire, la forte participation a tendance a renverser les gouvernements (au profit du PSOE en 1982 et en 2004, au profit du PP en 1996), ou en tout cas à les affaiblir (perte de la majorité absolue par le PSOE en 1993).
Dit d'une autre manière, les abstentionnistes habituels ne se déplacent que pour voter contre. Pour que l'abstentionniste abandonne sa canne à pêche, il faut passablement l'énerver. Par exemple, avec un scandale de type GAL, en 1996, ou une communication désastreuse autour d'un massacre terroriste, en 2004.
Sera-ce ainsi le 9 mars 2008 ? Autrement dit, une forte abstention bénéficera-t-elle au PSOE et à Zapatero, lui permettant même de gouverner sans IU et les nationalistes / régionalistes / indépendantistes / "régionaux avec représentation nationale" (c'est joliment dit, Greg ;-) ?
Et, dans l'autre sens, une forte mobilisation permettra-t-elle à Mariano Rajoy de faire revenir le PP à la Moncloa ?
Pour ma part, malgré le contexte particulier de ces élections, qui veut que les rapports entre PSOE et PP se soient congelés depuis 2004, je crois que oui, le mécanisme se répetera.
Foin de réponse de Normand, risquons nous ! Voici mon pronostic: forte abstention (au moins 30%) et victoire du pouvoir en place, le PSOE de Zapatero. Tant que nous y sommes, je lui donne une majorité relative.
Je mangerai mon chapeau (c'est à prendre au sens figuré :-) le 9 mars au soir si un "scandale" (par exemple, une catastrophe économique aux conséquences immédiatement ressenties) venait à mobiliser les habitués du dimanche sur le canapé et qu'une majorité porte Rajoy sur le trône.
Je mangerai mes chaussures (c'est encore du deuxième degré, ouf) si, prenant le PP pour le parti au pouvoir, l'électorat se mobilisait massivement pour s'opposer à l'opposition de Rajoy, et portait aux nues et au règne sans partage l'actuel président du Gouvernement. Ou si Rajoy venait à gagner avec une forte abstention.
Pas pour ma petite personne, dont l'existence serait bien peu changée, mais pour la règle historico-statistique, brisée à tout jamais...
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