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samedi 15 mars 2008

Partis, résultats et vidéos

> INFO

Une semaine après les élections, voici une présentation par eux mêmes des partis qui siègeront dorénavant au Parlement. Il s'agit des vidéos de la campagne officielle, dénichés sur le site de la télévision publique par une amie professeur. Entre parenthèses, le nombre définitif de députés, et la variation par rapport à 2004.

PSOE (169 ; +5)

Le message des trois spots est simple : l'essentiel c'est de voter, même pour l'adversaire.


PP (154 ; +6)

Là aussi, un message unique : l'économie va mal. Notez au passage la particulière prononciation des 's' par Mariano Rajoy ("écho èche chou bida").

CiU (10 ; =)

Pour que la Catalogne soit respectée.

PNV (6 ; -1)

En gros : le Pays Basque est riche, c'est grâce au PNV.

ERC (3 ; -5)

Les indépendantistes catalans sont nominés au prix du spot le moins cher.

IU (2 ; -3)

"Plus de gauche" (mais moins de députés) avec Izquierda Unida, qui met en scène au moins quatre personnages a priori éloignés de son électorat : un militaire (qui ne veut pas faire la guerre), une DRH (qui en a assez de faire signer des contrats poubelle), un curé (qui ne veut pas imposer sa définition de la famille) et un jeune homme de style pijo (bourgeois pas bohème). Observez le drapeau républicain tenu par un garçon né sous le règne de Juan Carlos.

Quatre autres partis n'auront pas de groupe parlementaire propre : les Galiciens du BNG (2 ; =), les Canariens de CC (2 ; -1), les Navarrais de Na-Bai (1 ; =) et les centristes d'UPD (1 ; +1).

Relevons la nouveauté: Unión Progreso y Democracia (UPD).

Son unique représentante au Parlement, Rosa Díez, est cordialement haïe des militants socialistes. Elle a récemment quitté le PSOE -mais pas son siège au Parlement de Strasbourg- pour critiquer Zapatero et monter un parti caractérisé par un centrisme affiché et un antinationalisme (périférique) de fait. Le petit rectangle de plastique de la vidéo est le DNI, la carte d'identité espagnole, "ce qui nous unit".

Disparaissent de l'hémicycle les nationalistes basque EA, canarien NC et aragon CHA. Si vous êtes perdu, Greg vous ressitue.

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lundi 10 mars 2008

La science des résultats

> AUTOUR DE L'URNE

Il y a résultats et résultats: entre les 5 pages de colonnes de chiffres circonscription par circonscription qu'offrent les journaux traditionnels et le fruit de savantes combinaisons d'ajax, html, xml,... y a pas photo. Ou plutôt si: y a beaucoup de couleur.

Voici 3 des nouveautés à mon sens les plus intéressantes pour suivre (hier soir) ou consulter (aujourd'hui) les résultats de ces élections:

1º - Carte électorale vía Google Maps (Auteurs: youchoose - programmeurs indépendants).



2º - Widget Résultats électoraux (Auteurs: Soitu.es - journal numérique)



3º - Twitter Élections générales 2008 (Auteurs: ADN.es - journal numérique)

dimanche 9 mars 2008

Résultats : Zapatero et le PSOE gagnent les élections, le PP et le bipartisme se renforcent

> INFO

Pourquoi mettre un nègre :-D derrière un clavier pour publier des numéros quand un programme peut parfaitement (mieux) faire le même travail? Voila, je vous présente Widget resultados elecciones 2008 v.1.2 de Soitu.es et moi, je vais mettre mon Sauternes au frais ;-)

dimanche 24 février 2008

"Match nul technique" (sondages et doigt levé 2/)

> ANALYSE

Suite de notre saga sur les prévisions et le marc de café :

2/ Les sondages

Les non hispanisants apprendront au passage un mot utile lors des prochaines Coupes du Monde. "Empate técnico" est une expression toute faite des sondéologues espagnols que l'on commence à entendre énormément dans les médias.

"Match nul", entre Zapatero et Rajoy évidemment. Pas réel, parce que le PSOE et le PP ne sont pas à 50% chacun, ni à 40/40 (chiffres plus crédibles, nous ne sommes pas en bipartisme absolu). Mais "technique", puisque le PP, presque toujours deuxième dans les enquêtes d'opinion depuis 2004, est en phase ascendante, et que les marges d'erreur des sondages lui permettent même de s'imaginer vainqueur.

Je pique à ADN.es (je ne m'en veux pas, je travaille avec eux) un résumé récent [es] de trois sondages publiés après le début officiel de la campagne vendredi dernier. El Periódico de Catalunya, Público et la Cadena SER donnent tous les trois le PSOE vainqueur. Avec un avantage d'entre 1,5 et 3,5 points.

La Cadena SER (première radio nationale, du groupe Prisa, éditeur d'El País et peu suspect d'amitiés droitières), la plus avare avec les socialistes, envisage même une victoire du PP avec presque autant de force. Selon ses projections, le PSOE obtiendrait entre 155 et 164 sièges (41,5% des voix) et le PP, entre 158 et 161 (40%).

Une semaine auparavant, le CIS, équivalent de notre CNRS, publiait un de ses macrosondages (plus de 18.000 entretiens, pardonnez du peu) dont il a le secret, et donnait lui aussi 1,5 points d'avance au PSOE, et, dans le pire des cas pour Zapatero, un seul député d'avance.

Zapatero, qu'en pense-t-il en privé, au fait ?



C'était après une interview sur Cuatro, chaîne jeune, hertzienne et généraliste (Prisa aussi). Le Président du Gouvernement parlait avec Iñaki Gabilondo, présentateur vedette des matinales de la Cadena SER pendant des décennies, aujourd'hui à la tête du JT de Cuatro. A priori, tout le monde pensait que les micros étaient fermés.

- Gabilondo : "Et vos sondages à vous, qu'est-ce qu'ils disent ?"
- Zapatero : "Ça va bien, aucun problème... Ce qui se passe c'est que c'est bon pour nous qu'il y ait de la tension...".

Très bientôt, le troisième et dernier volet de la futurologie. Vous apprendrez à dire "It's the economy, stupid" en espagnol.

lundi 11 février 2008

Qui va gagner ? (sondages et doigt levé 1/)

> ANALYSE

Question absurde et antidémocratique, mais que tout le monde se pose. À défaut de vous donner le vainqueur de manière certifiée et garantie avant que le peuple n'ait fait entendre sa voix souveraine, voici quelques pistes qui pourront aider à déceler le résultat avant l'heure...

Et des prophéties de boules de cristal. Aujourd'hui...

1/ L'abstention

Beaucoup d'Espagnols vous diront que chez eux plus encore qu'ailleurs, l'abstention bénéficie à la droite et au centre tandis que la participation est favorable à la gauche.

Historiquement, c'est vrai pour les valeurs extrêmes: depuis l'adoption de la Constitution en 1978, les meilleurs scores de l'UCD (168 députés sur 350, en 1979) et du PP (183, en 2000) coïncident avec les deux plus forts taux d'abstention. À l'inverse, le meilleur résultat du PSOE (202 députés sur un total de 350, en 1982), correspond à une mobilisation record.

L'histoire est néanmoins plus complexe. Rapidement:

  • 1979 [es]: Victoire de l'UCD d'Adolfo Suárez. Abstention: 31,96%
  • 1982 [es]: Victoire du PSOE de Felipe González, majorité absolue (et record). Abstention: 20,03%
  • 1986 [es]: Victoire du PSOE, majorité absolue. Abstention: 29, 51%
  • 1989 [es]: Victoire du PSOE, majorité absolue de fait. Abstention: 30,26%
  • 1993 [es]: Victoire du PSOE, majorité relative. Abstention: 23,56%
  • 1996 [es]: Victoire du PP de José María Aznar, majorité relative. Abstention: 22,62%
  • 2000 [es]: Victoire du PP, majorité absolue. Abstention: 31, 29%
  • 2004 [es]: Victoire du PSOE de José Luis Rodríguez Zapatero, majorité relative. Abstention: 24, 34%

Le détail montre donc que la gauche et la droite ont pu perdre et gagner tant avec un taux d'abstention bas (disons, inférieur à 25%) que haut (proche de 30%).

Mais remarquons plutôt une permanence : l'abstention importante a plutôt tendance à renforcer la majorité en place (victoires du PSOE en 1986 et 1989, du PP en 2000). Au contraire, la forte participation a tendance a renverser les gouvernements (au profit du PSOE en 1982 et en 2004, au profit du PP en 1996), ou en tout cas à les affaiblir (perte de la majorité absolue par le PSOE en 1993).

Dit d'une autre manière, les abstentionnistes habituels ne se déplacent que pour voter contre. Pour que l'abstentionniste abandonne sa canne à pêche, il faut passablement l'énerver. Par exemple, avec un scandale de type GAL, en 1996, ou une communication désastreuse autour d'un massacre terroriste, en 2004.


Sera-ce ainsi le 9 mars 2008 ? Autrement dit, une forte abstention bénéficera-t-elle au PSOE et à Zapatero, lui permettant même de gouverner sans IU et les nationalistes / régionalistes / indépendantistes / "régionaux avec représentation nationale" (c'est joliment dit, Greg ;-) ?

Et, dans l'autre sens, une forte mobilisation permettra-t-elle à Mariano Rajoy de faire revenir le PP à la Moncloa ?

Pour ma part, malgré le contexte particulier de ces élections, qui veut que les rapports entre PSOE et PP se soient congelés depuis 2004, je crois que oui, le mécanisme se répetera.

Foin de réponse de Normand, risquons nous ! Voici mon pronostic: forte abstention (au moins 30%) et victoire du pouvoir en place, le PSOE de Zapatero. Tant que nous y sommes, je lui donne une majorité relative.

Je mangerai mon chapeau (c'est à prendre au sens figuré :-) le 9 mars au soir si un "scandale" (par exemple, une catastrophe économique aux conséquences immédiatement ressenties) venait à mobiliser les habitués du dimanche sur le canapé et qu'une majorité porte Rajoy sur le trône.

Je mangerai mes chaussures (c'est encore du deuxième degré, ouf) si, prenant le PP pour le parti au pouvoir, l'électorat se mobilisait massivement pour s'opposer à l'opposition de Rajoy, et portait aux nues et au règne sans partage l'actuel président du Gouvernement. Ou si Rajoy venait à gagner avec une forte abstention.

Pas pour ma petite personne, dont l'existence serait bien peu changée, mais pour la règle historico-statistique, brisée à tout jamais...