> INFO
Les Français s'en souviennent : en 2007, les sondages illégaux en France étaient disponibles sur les sites des journaux belges et suisses, entre autres. En 2008 en Espagne, c'est El Periódico de Catalunya qui joue avec la législation encadrant les élections. Usant et abusant de son édition en Andorre, El Periódico publie sur son site andorran les résultats de sondages interdits en Espagne, et l'indique sur son site et dans ses pages espagnols.
Ce blog est hébergé par un fournisseur étasunien et est destiné à un public francophone. Je n'ai donc aucune raison de cacher l'adresse cette enquête. Quant aux Espagnols, ils sont déjà au courant de son existence. Je ne commettrai pas non plus l'hypocrisie de délivrer le lien au détour d'un long article autour des réactions sur la décision de El Periódico.
Le sondage interdit de publication en Espagne est là [es], la dernière vague sera livrée ce samedi à 23h30. Vous le savez, faites en ce que vous voulez.
samedi 8 mars 2008
Le dernier sondage illégal
Libellés :
2008 PSOE,
PP,
prédictions,
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sondages,
Zapatero
Émotion et raisonnement
> ANALYSE
Sandra Carrasco est la fille aînée de l'ex conseiller municipal assassiné vendredi par l'ETA. Ce matin elle a eu la force de lire le communiqué de sa famille : portrait d'un militant courageux, rage contre les assassins ("lâches", "sans couilles" et "fils de pute"), mobilisation aux urnes et appel aux partis à ne pas récupérer la mort de son père.
Après l'émotion, reste une question : "À qui profitera le crime?". Il est entendu que le bénéficiaire collatéral, PSOE ou PP, n'aura rien à voir avec l'unique coupable, l'ETA, dont la responsabilité est plus évidente encore après la définition lunaire du meurtre ("une preuve de la recrudescence du conflit politique et armé" [es]) par Batasuna, sa vitrine illégale.
Tous les journalistes, espagnols et envoyés spéciaux, se posent cette question entre eux. Les têtes de listes fuient le tabou face aux caméras pendant que leurs équipes font leurs calculs dans la discrétion de les QG des partis politiques. Les autres citoyens discutent plus naturellement. Si vous trouvez la réflexion trop cynique, ne poursuivez pas votre lecture.
Voici quelques éléments à prendre en compte :
1) Il est probable que davantage d'électeurs aillent voter. Tous les partis l'ont demandé, Sandra aussi; mais surtout, l'ETA a demandé au contraire de s'abstenir. La réaction démocratique tripale devrait donc être de levantarse del sofá, de "se lever du canapé" pour aller jusqu'au collège électoral.
--> Lors des deux dernières élections générales, l'abstention a bénéficié au PP et la participation au PSOE. Depuis, beaucoup d'analystes considèrent que c'est une règle de fonctionnement. Parmi eux, les socialistes, qui font tout pour mobiliser en masse, et les populaires, qui freinent des quatre fers et le confessent à la presse internationale [en].
--> Mais nous avons déjà vu que la réalité historique était plus complexe, et que lorsque l'abstentionniste sort de sa torpeur, il a tendance a voter contre le gouvernement en place. En 2004, les abstentionnistes repentis ont contredit toutes les prédictions, et empêché, après un attentat -de tout autres dimensions- la reconduction du parti en place, auteur il est vrai d'une communication désastreuse.
2) La tentative de Zapatero d'une "fin dialoguée du terrorisme" n'a pas fonctionné. Tout le monde le savait depuis l'attentat à l'aéroport de Barajas; d'aucuns lui savaient gré d'avoir essayé, certains lui en voulaient d'avoir échoué, d'autres enfin considéraient impardonnable d'avoir "négocié" avec des terroristes.
--> Le dernier assassinat risque de renforcer dans leurs convictions les deux dernières catégories.
3) Isaías Carrasco était militant socialiste. Patxi López, le chef des socialistes basques, l'a répété : "dire que les socialistes trahissent les victimes est profondément injuste".
--> L'appartenance idéologique de la victime peut peut-être contrecarrer l'argument précédent.
Conclusion : les observateurs de la vie politique ne savent absolument pas ce qui va se passer. Mais ils utiliseront quelques uns des arguments résumés au-dessus (et signalés par une -->) pour expliquer a posteriori la victoire du PSOE ou celle du PP.
Si la droite gagne, les analystes ajouteront que les inquiétantes perspectives économiques ont poussé au changement de gouvernement. Si la gauche se maintient, ils expliqueront doctement que l'opinion publique espagnole s'est opposé à l'opposition belligérante de la droite. Je ferai peut-être la même chose, mais au moins, je ne vous prends pas en traître.
Sandra Carrasco est la fille aînée de l'ex conseiller municipal assassiné vendredi par l'ETA. Ce matin elle a eu la force de lire le communiqué de sa famille : portrait d'un militant courageux, rage contre les assassins ("lâches", "sans couilles" et "fils de pute"), mobilisation aux urnes et appel aux partis à ne pas récupérer la mort de son père.
Après l'émotion, reste une question : "À qui profitera le crime?". Il est entendu que le bénéficiaire collatéral, PSOE ou PP, n'aura rien à voir avec l'unique coupable, l'ETA, dont la responsabilité est plus évidente encore après la définition lunaire du meurtre ("une preuve de la recrudescence du conflit politique et armé" [es]) par Batasuna, sa vitrine illégale.
Tous les journalistes, espagnols et envoyés spéciaux, se posent cette question entre eux. Les têtes de listes fuient le tabou face aux caméras pendant que leurs équipes font leurs calculs dans la discrétion de les QG des partis politiques. Les autres citoyens discutent plus naturellement. Si vous trouvez la réflexion trop cynique, ne poursuivez pas votre lecture.
Voici quelques éléments à prendre en compte :
1) Il est probable que davantage d'électeurs aillent voter. Tous les partis l'ont demandé, Sandra aussi; mais surtout, l'ETA a demandé au contraire de s'abstenir. La réaction démocratique tripale devrait donc être de levantarse del sofá, de "se lever du canapé" pour aller jusqu'au collège électoral.
--> Lors des deux dernières élections générales, l'abstention a bénéficié au PP et la participation au PSOE. Depuis, beaucoup d'analystes considèrent que c'est une règle de fonctionnement. Parmi eux, les socialistes, qui font tout pour mobiliser en masse, et les populaires, qui freinent des quatre fers et le confessent à la presse internationale [en].
--> Mais nous avons déjà vu que la réalité historique était plus complexe, et que lorsque l'abstentionniste sort de sa torpeur, il a tendance a voter contre le gouvernement en place. En 2004, les abstentionnistes repentis ont contredit toutes les prédictions, et empêché, après un attentat -de tout autres dimensions- la reconduction du parti en place, auteur il est vrai d'une communication désastreuse.
2) La tentative de Zapatero d'une "fin dialoguée du terrorisme" n'a pas fonctionné. Tout le monde le savait depuis l'attentat à l'aéroport de Barajas; d'aucuns lui savaient gré d'avoir essayé, certains lui en voulaient d'avoir échoué, d'autres enfin considéraient impardonnable d'avoir "négocié" avec des terroristes.
--> Le dernier assassinat risque de renforcer dans leurs convictions les deux dernières catégories.
3) Isaías Carrasco était militant socialiste. Patxi López, le chef des socialistes basques, l'a répété : "dire que les socialistes trahissent les victimes est profondément injuste".
--> L'appartenance idéologique de la victime peut peut-être contrecarrer l'argument précédent.
Conclusion : les observateurs de la vie politique ne savent absolument pas ce qui va se passer. Mais ils utiliseront quelques uns des arguments résumés au-dessus (et signalés par une -->) pour expliquer a posteriori la victoire du PSOE ou celle du PP.
Si la droite gagne, les analystes ajouteront que les inquiétantes perspectives économiques ont poussé au changement de gouvernement. Si la gauche se maintient, ils expliqueront doctement que l'opinion publique espagnole s'est opposé à l'opposition belligérante de la droite. Je ferai peut-être la même chose, mais au moins, je ne vous prends pas en traître.
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ETA,
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PSOE
vendredi 7 mars 2008
Le PP rompt le consensus contre l'attentat
> INFO
17h00: Déclaration institutionnelle [fr] du 1º ministre José Luis Zapatero condamnant l'attentat et promettant que les terroristes seront poursuivis ainsi que ceux qui les aident ou les justifient en allusion aux partis récemment dissous, ANV et PCTV, le premier ayant refusé de condamner l'attentat.
20h10: À la suite de la réunion qu'ont maintenu les dirigeants des principaux partis politiques et syndicats espagnols, le communiqué commun (pas la déclaration) de condamnation de l'attentat commis par l'ETA lu par le secrétaire du PSOE, José Blanco, donne la sensation de consensus et un sentiment d'union "démocrates contre terroristes".
20h18: Ignacio Astarloa, le secrétaire exécutif du PP, reproche aux autres partis de ne pas avoir accepté d'inclure dans le communiqué une clause selon laquelle les partis politique se compromettraient à ne plus jamais négocier avec l'ETA ainsi que la révocation de l'autorisation de négociation donné par le parlement il y a deux ans au gouvernement, exactement la même ritournelle de la campagne électorale du PP.
17h00: Déclaration institutionnelle [fr] du 1º ministre José Luis Zapatero condamnant l'attentat et promettant que les terroristes seront poursuivis ainsi que ceux qui les aident ou les justifient en allusion aux partis récemment dissous, ANV et PCTV, le premier ayant refusé de condamner l'attentat.
20h10: À la suite de la réunion qu'ont maintenu les dirigeants des principaux partis politiques et syndicats espagnols, le communiqué commun (pas la déclaration) de condamnation de l'attentat commis par l'ETA lu par le secrétaire du PSOE, José Blanco, donne la sensation de consensus et un sentiment d'union "démocrates contre terroristes".
20h18: Ignacio Astarloa, le secrétaire exécutif du PP, reproche aux autres partis de ne pas avoir accepté d'inclure dans le communiqué une clause selon laquelle les partis politique se compromettraient à ne plus jamais négocier avec l'ETA ainsi que la révocation de l'autorisation de négociation donné par le parlement il y a deux ans au gouvernement, exactement la même ritournelle de la campagne électorale du PP.
Zapatero et Rajoy décident à l'unisson de suspendre la campagne électorale
> INFO
Les 2 principaux partis PSOE et PP se sont mis tout de suite d'accord pour suspendre la campagne électorale dû à l'attentat commis la ETA contre l'ex conseiller municipal socialiste Isaías Carrasco à Mondragon.
PNV, IU et UPyD se joignent à l'iniciative. CIU et ERC étudient en ce moment leur décision, il est probable qu'ils tiennent la même conduite.
D'autre part, on attend une réunion de tous les partis politiques ce soir à 19h au parlement espagnol. L'union politique semble de mise malgré le dérapage de Esperanza Aguirre [audio - es] (Presidente de la région de Madrid, PP) qui a profité de l'attentat pour demander à Zapatero de promettre qu'il n'allait plus négocier avec l'ETA.
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Annexe: Partis politiques espagnols: qui est qui?
Les 2 principaux partis PSOE et PP se sont mis tout de suite d'accord pour suspendre la campagne électorale dû à l'attentat commis la ETA contre l'ex conseiller municipal socialiste Isaías Carrasco à Mondragon.
PNV, IU et UPyD se joignent à l'iniciative. CIU et ERC étudient en ce moment leur décision, il est probable qu'ils tiennent la même conduite.
D'autre part, on attend une réunion de tous les partis politiques ce soir à 19h au parlement espagnol. L'union politique semble de mise malgré le dérapage de Esperanza Aguirre [audio - es] (Presidente de la région de Madrid, PP) qui a profité de l'attentat pour demander à Zapatero de promettre qu'il n'allait plus négocier avec l'ETA.
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Annexe: Partis politiques espagnols: qui est qui?
ETA, attentat contre la démocratie
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